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Arrivée à PARIS !

Après avoir couru devant les pyramides d'Egypte en Afrique, le Taj Mahal en Inde, Asie, devant l'opéra de Sydney en Australie, la statue de la Liberté à New York,... on est arrivé sous la Tour Eiffel à Paris ! Quelle émotion, quelle belle arrivée... beaucoup d'enfants de l'école bilingue de Paris, mes enfants, les parents de Nicole, de la famille, l'attachée culturelle de l'ambassade suisse, l'équipe Vidéoscoop, des amis, journallistes, etc... assez de monde pour vivre une journée fantastique, une fête superbe.

Merci à vous tous d'avoir été là, vôtre accueil, quelle récompense!
Paris, cela aura aussi été la joie de retrouver Alexandre et Sonia Poussin, rencontré en Afrique du sud, voilà plus de 4 ans...Ce couple formidable, très populaire grâce aux films primés, aux livres publiés après leur marche de 3 ans à travers toute l'Afrique, bravo. Nous avons dormis 4 nuits chez eux, merci.

Trois jours restés à Paris, c'est aussi sept conférences dans les classes des écoles, une présentation-débat au salon de la randonnée, aventure, la préparation de nôtre dernière ligne de course entre Paris et Saillon-Valais-Suisse pour le 7 mai à 11 heures !

Bonne journée et à bientôt... 40'130 Kilomètres, Paris


Une journée du tour du monde

Aventure, voyage, périple, performance...Que se cache derrière ces mots employés dans une phrase ? Difficile à savoir. Les mots qui s'arrachent d'une bouche qui a soif. La signification évolue en fonction de nos km de course, en fonction d'un ras-le-bol. La journée ne fût pas gaspillée. Jean-Bernard est un ami de longue date et un coureur émérite, un sportif. Plus de cinq ans.... cinq continents que l'on ne l'a pas revu ! J.B. a voulu faire une démarche d'amitié en venant courir avec Serge. Bien que chaque jour de notre périple soti différent, celui-ci restera imprégné (étape à 46 km).


Moi aussi

Chacun trouve un rêve impossible à réaliser. Il faut toujours qu'il trouve une faille, une brèche pour qu'il puisse s'identifier à l'idée de l'autre. Moi aussi, je pourrais le faire si j'en avais les moyens, si j'avais une femme, si j'avais.... si j'avais.... Comme ça il s'assure que lui aussi peut le faire. Les gens ont besoin de rêver au travers de l'image. Je n'ai aucune envie de me faire piégée par la question ou les préjugés. Ont-ils vraiment couru ? La question se pose, c'est vrai. Elle est inéluctable. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que cela paraît un vertige d'infini. Vous connaissez la réponse car chaque aventurier défendra bec et ongles son chef-d'oeuvre. Chaque apliniste défendra sa maîtresse ses sommets, ses records, sa montagne. Chaque politicien défendra son parti. Chaque homme et chaque femme défendront leurs droits, leurs biens, leurs enfants. Nous on ne défendra rien pour une bonne raison.

On a établit notre propre réglement, notre propre parcours. On ne se vante pas d'être ceci ou celà, d'être les premiers, d'êtres les meilleurs. On a courru un idéal de vie mais nous n'avons pas toujours couru pour le rêve, pour le plaisir. Car courir n'est pas un rêve, c'est du réel dans tes baskets, c'est du vécu en direct. On aura seulement couru plus de 40'000 Km, tout le reste non, on ne l'aura pas couru. Courir pour être libres, pour être fous, pour venir en aide. Courir reste une réalité de vérité, d'attachement à ton effort. J'écris un peu partout, de peur que toute idée m'échappe. La peur du vide, la peur du noir. Quelle idée.... J'en oublie le temps, j'en oublie le présent.

Ecrire a un sens profond, sincère. Ecrire me permettra de me souvenir d'une prouesse. Me permettra de me dire, c'est vrai. Les écrits restent, les paroles s'envolent. Ecrire me permet une écoute spontannée. Je suis moi, je suis toi. Pas de langage, que des mots, que des verbes, que des lignes pour exprimer un ressenti. Ecrire une mélodie, écrire une note. Ecrire c'est te dire, écrire c'est un éloge, mes doigts tremblent. Je cherche le dernier mot de ma page. Je ne le trouve pas. Ecrire c'est aussi ne rien dire.


Etablir les règles

J'ai envie de me rapprocher de la Terre, de l'être et des autres. C'est ce que nous avons fait durant les cinq années de non retour. Un partage en communauté, un partage avec elle, avec lui. On a côtoyé le bien en même temps que le mal. On a succombé au beau en même temps qu'au laid. On a passé de l'extase à la tristesse. On a résisté à la tentation en même temps qu'à l'envie. On a persisté dans la difficulté en même temps que la facilité. On a dû se battre pour être ici... pour être là... pour être là-bas.


Fin du journal 2005 Tour du monde

La vie n'est faite que de suppositions, que de questions, que d'interrogations. Comment revient-on d'un tel périple ? Pour nous, notre raisonnement est simple. Ce n'est pas ce que l'on a vécu, c'est ce que l'on a laissé sur notre route. Cette route qui a été la folie de notre engagement, cette route, le devoir de bien faire les petites choses.


Presque la fin

A peine à quatre jours d'une fin d'aventure, au travers de cinq continents, de 37 pays, de paroles vécues, d'un rythme soutenu à 12 km/h. Plus de 40'000 Km. Comment réagissons-nous à cet évènement ? Tout se rapproche à grand pas, à petites foulées. Mais pour nous, il est temps de tourner définitivement la page de la course à pied, la page d'une tranche de vie. Il faut prendre une autre foulée, peut-être plus rapide. Certes, rien ne va être facile. On recommence à zéro sur tous les plans, on recommence au Km zéro. Mais vous savez, on se réjouit de rentrer dans la normalité.

R entrer
E n sachant
T ourner la page d'un récit
O uvrir
U n autre chapitre, fermer une autre porte
R ien ne pourra plus changer

Que se passe-t-il dans cette tête endurcie ? Je pense, je ne pense pas. Je n'arrive pas à me dire si je dois réfléchir. Je ne réagis pas, je suis vide. J'aimerais savoir le pourquoi, le comment ... Demain sera après-demain. Tu devras chercher, tu devras trouver. Je le sais. Que se passe-t-il dans la fin d'une fin d'une grande histoire humaine ? Je vais me coucher en disant demain, après-demain, l'année prochaine tout sera terminé. Notre envie subite se transformera en feu d'artifice. Rien n'oblige un homme à courir, ne l'y contraint. Mais courir procure cette curiosité, ce besoin de voir ailleurs. Courir pour Serge est un investissement de sentiments, il est profondément humain, sensible.

Cinq ans au carrefour de la vie, un pied devant l'autre, la sueur au front, le souffle court, le coeur emballé. Notre parcours, une ascension ultime au bonheur. De temps en temps, une descente aux enfers. Douce folie, fureur de vivre.


Cinq ans .... Cinq continents

Après cinq ans d'aventure, de collaboration régulière avec soi, avec l'autre, on éprouve le besoin de partager, de proclamer. Séduit par notre vie, par les paysages insolites, maudits, on a sillonné la terre, on a brûlé la terre. On s'est consacré à croire à l'humanitaire, à l'humanité. Mystérieuse, ingénieuse conclusion.... Un voyage, une idée, une aventure qui oscille toujours entre le réel et l'irréel. Nous sommes mélancoliques mais sans aucune tristesse. Pour rien au monde on ne voudrait changer. Cette aventure entière nous apporte une réponse bouleversante, la nôtre, la vôtre. Merci.

7 mai 2005.

 
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