Les petits mots qui
changent la vie...
Les Argentins sont des danseurs dans le verbe, des joueurs dans les
mots. Ils sont passeurs des méodies de l'Amour. Chaque mot
représente la tendresse, la douceur. Comme ils disent, nous
sommes Carino. Ils dansent le tango dans le langage ... Cela renforce
la sympathie pour ce peuple courtois qui ne s'apitoye pas sur leur
condition actuellement difficile.
Les Argentins ne se retournent pas sur leur passé, ils essayent
en vain de garder la tête dans le futur. Un futur quie ne semble
pas leur appartenir. Ce peuple est un passeur d'images de volonté.
Tous les mots sont modifiés et remplacé par la lettre
A ou la lettre O. Ce qui est grand devient petit, ce qui donne une
touche très individuelle. A chaque fois que l'on demande une
direction, une demande, ils répondent pas de problèmes
mon petit coeur, mon amour.
Ils disent toujours "que ta journée soit joliment belle"
ou "que Dieu te protège dans ton voyage". Ils aiment
enjoliver le quotidien par des mots qui font le différence.
Ce qui donne un style agréable pour un pays qui cherche sa
voie. Chaque pays nous donne une leçon de vie. Une leçon
de tolérance. Ici nous sommes à la meilleure école
du monde.
Les hostilités de la nature jouent le jeu de notre pudeur consacrant
le silence de nos limites, de notre langue. Aujourd'hui nous ressemblons
à deux taureaux tête baissée, le nez dans la terre.
On pousse un mur. Le vent est bien trop fort, on se retranche derrière
notre fragilité, notre dynamisme se meurt peu à peu.
Mais le potentiel de Serge nous servira pour arriver dans un petit
village rempli de sérénité où plutôt
un petit village vien tranquille. Ici les gens ont conservé
leur confidientialité. Ils s'exclament de nous voir débarquer
chez eux, deux étrangers ici !
Nous profitons d'entretenir le dialogue, les Argentins sont des perles
de l'humanité. Ils sont faciles dans la parole, dans le dialogue.
Tous se passe dans la convivialité. C'est un vrai jardin de
couleur. Un Accord parfait. Nous apprécions pleinement leur
gentillesse, leur courtoisie. Ici il n'y a pas besoin de faire l'effort
de se saluer. L'Argentin c'est la flamme éternelle. Il n'y
a jamais de vagues ni de tempêtes.
Demain il sera déjà l'heure de repartir sur cette route
perdue, avec son cortège de solitude et de doutes.
Les Contrebandiers du Rio
PARANA !
On a l'impression de courir depuis un mois sur une seule ligne droite de plusieurs centaines de kilomètres, de
traverser des champs agricoles tous identiques. On se sent écrase d'une chaleur étouffante, dans un paysage plat,
uniforme. Une monotonie terrible : à en avoir le vertige, voir la nausée... franchement y en a marre.
Heureusement, entre les nuits de camping à l'abri de quelques arbres, il y a les villages au bord du fleuve PARANA et
les histoires de contrebande.
Le fleuve PARANA, large de 500 mètres et à plus de 5 kilomètres par endroits, fait frontière entre l'Argentine et
le Paraguay. Les histoires de trafic de cigarettes, alcool et drogue alimentent nos discussions du soir ! Dans chacune
de ces localités, on peut voir des dizaines de barques, pirogues et véhicules de toutes sortes confisqués par la police
locale ! Une ambiance, parfois glauque... on surveille un peu plus nos bagages !
La grande et seule beauté sauvage de ce coin de pays viendra des gauchos : ces fiers cavaliers galopant sur leur cheval.
Tout au long de nos étapes on aperçoit des chevaux partout. Il n'est pas rare de voir des élèves se rendre à l'école avec
leur cheval ! Etonnant tout de même... on a jamais vu proposer de la viande de cheval sur une carte de menu ?
Par contre, le steak normal de boeuf dans votre assiette vaut bien de 300 à 800 grammes ! Un Argentin n'imagine pas un
repas sans viande, voir uniquement de la viande... matin, midi et soir!
Quelques jours de repos avec la venue de nos trois amis de Suisse
nous parraîssent tout à coup indispensables pour récuperer mes jambes
très fatiguées par une course "trop régulière" et retrouver un moral
meilleur pour poursuivre la course sur cette ligne droite... qui finira
bien un jour ?
Les gauchos, les cavaliers
!
A la même époque, sur la Pampa, naissait une nouvelle
race d' hommes : LES GAUCHOS. Le mythe du gaucho, qui continue d'impressionner
fortememt la vie argentine, est le symbole de l'homme libre qui se
moque des conventions et des préjuges sociaux. Les gauchos
étaient, à l'origine, des enfants metis, complètement
rejetés par la société.
Avec leurs bombachas sorte de pantalon de toile plissée, serré
à la cheville, leur large ceinture agrémentée
de pièce d'argent et leur couteau qui donne cette image de
seigneur. Ces gardiens de bétail regnaient sur les vastes étendues
de la Pampa. Ils ne reconnaissaient ni lois, ni frontières
dans cet eldorado d'herbe qui poussait tout au long de l'année.
Les gauchos étaient, de leur esprit independant et leur force
de caractère , des révolutionnaires naturels.
Aujourd'hui les vrais gauchos ont disparu, et il ne reste plus que
des paisanos, des gardiens de troupeaux appointés, relativement
casaniers et sans aucun rapport avec ces brutes magnifiques ayant
vecu en marge de toute légalite jusqu'à la fin du 19ème
siècle. C'est aux clôtures de fil de fer que l'on doit
leur disparition. C'est dans ce royaume âpre, du calme qui écorche,
que notre course évolue toujours à 12 kilomètres
heure. Ces lignes qui se découpent sous nos pas lointains et
imprecis. Un jour de pause, un jour de pluie, mais le moral au beau
fixe....
bye bye. Nicole, 32'794 kilomètres... LA TERRE EN A PERDRE
LA BOULE... signé Michel Pichon.
Les écoliers d'un
autre temps....
Ici les enfants n'ont pas perdu la nostalgie du temps passé.
Certains viennent à cheval à l'école. Une allure
aletière, déterminée donne cette image sublimée
par le détail. Plus les choses, les éléments
et les instruments sont d'un autre temps, plus l'image est méssagère
de rêve et de fantaisie. Elle devient photogénique à
l'écran, dans nos objectifs avisés. Nous sommes tous
à la recherche de l'inédit, tous à la recherche
de nos saveurs enfouies dans un petit coin de terre.
On est tous un peu nostalgiques des traditions qui s'envolent vers
un monde moderne. On oublie même que parfois cela existe encore.
Ici les enfants nous ont permis d'avoir une réflexion différente.
Chacun à sa manière de remonter le temps.
Les premiers émmigrants
..... les indiens.
Il est certain que si les Suisses avec leur esprit pratique avaient
été Dieu, ils auraient créé les Alpes
nettement moins hautes. En revanche, en Argentine où les Indiens
ont été exterminés, si la possibilité
leur avait été donnée, ils n'auraient pas créé
la Pampa du tout et la cordillère des Andes serait encore plus
proche des étoiles. Ces premiers émmigrants venus d'Amérique
du Nord descendent de chasseurs d'origine sibérienne qui avaient
traversé le détroit de Bering.
Ils se sédentarisèrent et c'est ainsi qu'apparurent
les premiers villages et l'agriculture qui donneront naissance aux
grandes civilisations que les Espagnols pilleront plus tard. Mais
plus au Sud, en Argentine, les indiens ne se fixèrent pas en
dehors de quelques villes. C'est donc une société très
primitive, basée sur la chasse et la cueillette, que découvrirentles
premiers Espagnols.
Un nom qui fait rêver
L'Argentine provient du latin Argentum qui signifie Argent, plata
en espagnol. A l'époque de la conquête, l'usage de ce
nom s'est étendu pour désigner un territoire de l'embouchure
du fleuve découvert par Solis, appelé Rio de la Plata
en raison de la prolifération d'objets en argent que les autochtones
avaient fabriqué et offert aux conquistadores.
Quand on suit du doigt, sur une mappemonde, les contours de ce pays
on sent déjà la magie du goût de l'aventure nous
envahir. Nous avons la chance de connaître ce pur bonheur. De
la cordillère des Andes à la Pampa, ce pays possède
une dimension théâtrale. Mais comme tout décor
théâtrale, l'envers existe. Même si la démocratie
semble enfin, depuis 1983, faire partie du paysage politique argentin,
le pays connaît encore des problèmes inhérents
à l'Amérique latine.
Ce pays avait l'air de fonctionner jusqu'en 2001 quand il fût
durement touché par une grave crise économique dont
il a bien du mal à se sortir. Ici, tout a une dimension de
plus, des premiers explorateurs aux touristes modernes, d'un coureur
et sa femme sur une moto en passant par des aventuriers, tous ont
fait de cette terre du bout du monde l'ultime voyage.
Carte d'idendité :
Population : 37 millions d'habitants
Superficie : 2'766'889 Km2 soit plus de cinq fois la France !
Capitale : Buenos Aires
Religion : Catholique
Langue : Espagnol
Monnaie : Pesos argentin
Régime politique : Démocratie
Emblème du pays : une magnifique fleur rouge qui s'appelle
le ceibo.
33'000 Km
C'est dans un décor théâtral que nous avons passé
le cap des 33'000 Km, aux chutes d'Iguaçu, une des trois plus
belles cascades au monde. Les chutes étagées se jettent
les unes dans les autres, parfois en mince filets perçant au
travers d'une végétation touffue. Avec leur 72 mètres
de hauteur elles battent celles du Niagara qui n'alignent que 47 mètres.
Pour sûr, cette vision là on ne l'oubliera pas. Nos 33'000
Km sur la terre de l'homme on ne les oubliera pas.
IGUACU ... les chutes et
33´003 kilomètres !
Par une route sinueuse, exigeante à courir, très vallonée,
sous une chaleur humide... on arrive enfin en courant aux chutes d´Iguacu
! Heureux de passer là aussi le cap des 33´000 kilomètres
! Incontestablement, parmis les plus belles chutes au monde, celles
d´Iguacu ont été déclarées Patrimoine
mondial de l'humanité en 1984. IGUACU, en langue indienne Guarani,
signifie "eau grande". 275 chutes se pressent sur un front
de 2,5 kilomètres dans une exubérante végétation
tropicale.
Visitées avec Gilbert, Olivier et Yvan durant leur court séjour
avec nous, ces chutes laisseront dans nos coeurs pour longtemps de
fortes impressions : grandiose, force, puissance, beauté, équilibre...
et la vue de centaines de papillons multicolores, d´oiseaux
exotiques, dont le fabuleux toucan au long bec.
Les chutes font aussi frontière avec trois pays : Argentine
- Brésil et Paraguay, a la confluence du fleuve Parana et celui
d´Iguacu. La course a atteint ici sa derniére étape
sur sol Argentin : demain on passe la frontière du Brésil...
notre dernier pays sud-américain! Entre chaleur humide, 10
litres de boissons quotidienne pour courir un marathon, moustiques,
belles forêts vallonées, on vous espère tous en
bonne santé.
A bientôt. Puerto Iguacu, Argentine, 33´003 kilomètres
L'Argentine c'est terminé
!
L'Argentine, pays de la démesure, de l'espace, du temps. Argentine,
pays du vent et du tango. Demain on te quitte pour découvrir
ton voisin. On te laisse dans ta Pampa. Tu nous aura marqué
autant par ton honnêteté, la disponibilité de
ton peuple, par la chaleur dégagée, les petits mots
de bienvenue, les étendues sans fin. L'Argentine restera incontestablement
un pays de fraternité et de tolérance. Merci.
Brésil 2004
B raver nos rêves
R ire .... pleurer
E xprimer les mots
S ans interdit
I terpréter
L 'innocence du langage
Passage de frontière
Je ne sais pas pourquoi mais le Brésil est un pays qui me fait
un peu peur. Il est encombré par la violence des grandes villes.
Pays orienté par le contraste des équations. Entre multiplication
des gains et préservation de ses différentes identités,
entre déveveloppement à grande échelle et mise
en danger de l'environnement. Entre régions développées
par le tourisme et territoires oubliés. Nous venons de franchir
la douane la plus facile de notre tour du monde, nous bénéficions
d'une grève générale. Alors aucun encombrement,
aucune conversation qui se faufile dans les embouteillages ni de vendeurs
égarés. Ici le folklore n'existe plus, il se glisse
dans nos rêves, après tout pourquoi pas.
Nous avons connu une Amérique latine bien différente
dans le passé. Celle-ci fait place à un pays organisé,
développé. Il suffit parfois de pousser la porte des
idées reçues pour se faire surprendre par l'évidence.
Notre premier contact avec le Brésil ne nous paraît pas
plus dangereux que les autres pays traversés. C'est sans prétention
que nous nous arrêtons sous le regard du gérant McDonalds,
halte incontournable pour nos estomacs affamés.
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